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Victime d'une escroquerie sur Internet : quelles démarches entreprendre ?

Victime d'une escroquerie sur Internet : quelles démarches entreprendre ?

Publié le : 30/07/2026 30 juillet juil. 07 2026

Les escroqueries sur Internet sont devenues particulièrement fréquentes. Faux conseillers bancaires, usurpation d'identité, sites marchands frauduleux, hameçonnage (phishing), investissements fictifs en cryptomonnaies ou encore faux virements professionnels : les techniques employées par les escrocs sont de plus en plus sophistiquées et rendent parfois la fraude difficile à détecter.

Pour autant, découvrir l'escroquerie ne signifie pas que tout recours est perdu. Bien au contraire, les premières heures suivant la fraude sont souvent déterminantes pour limiter les conséquences financières et préserver les chances d'obtenir un remboursement ou une indemnisation.

Dépôt de plainte, signalement des faits, opposition bancaire ou encore conservation des preuves constituent autant de démarches essentielles.
 

Identifier la nature de l'escroquerie


Avant toute démarche, il convient d'identifier le type de fraude dont vous avez été victime.

L'article 313-1 du Code pénal définit l'escroquerie comme le fait d'obtenir la remise de fonds, d'un bien ou d'un service grâce à des manœuvres frauduleuses destinées à tromper la victime.

En pratique, les escroqueries en ligne prennent des formes très diverses :
 
  • Faux e-mails ou SMS imitant une banque ou une administration ;
  • Usurpation de l'identité d'un conseiller bancaire ;
  • Faux sites de commerce électronique ;
  • Arnaques aux placements financiers ou aux cryptomonnaies ;
  • Faux vendeurs sur les plateformes de petites annonces.

Cette qualification permettra d'orienter les démarches à entreprendre, notamment lorsque des opérations bancaires frauduleuses ont été réalisées.
 

Réagir immédiatement auprès de sa banque


Lorsque l'escroquerie a entraîné un paiement frauduleux, un virement ou l'utilisation non autorisée d'une carte bancaire, la première urgence consiste à prévenir immédiatement son établissement bancaire.

Selon les circonstances, plusieurs mesures peuvent être mises en œuvre :
 
  • Faire opposition à la carte bancaire ;
  • Demander le blocage du compte ou des moyens de paiement ;
  • Signaler officiellement les opérations contestées ;
  • Modifier les mots de passe des espaces bancaires et des services concernés.

Il est crucial que la victime agisse avec célérité. En effet, le Code monétaire et financier impose aux utilisateurs de signaler sans tarder toute utilisation frauduleuse de leurs moyens de paiement.

Plus la banque est informée rapidement, plus les possibilités de limiter les pertes ou de récupérer les fonds sont importantes.

Il est également conseillé de conserver une copie de tous les échanges avec la banque (courriers, courriels, réclamations, accusés de réception), ces documents pouvant être utiles en cas de contentieux.
 

Déposer plainte et signaler l'escroquerie


La victime doit également formaliser les faits par un dépôt de plainte.

Cette plainte peut être déposée :
 
  • Auprès d'un commissariat de police ;
  • Auprès d'une brigade de gendarmerie ;
  • Par courrier adressé au procureur de la République ;

Pour les escroqueries commises sur Internet, il est également possible d'utiliser la plateforme THESEE (Traitement Harmonisé des Enquêtes et des Signalements pour les E-Escroqueries), spécialement dédiée aux fraudes numériques.

Lorsque la fraude concerne uniquement un paiement par carte bancaire effectué à votre insu, un signalement peut également être réalisé via le dispositif Perceval.

Le dépôt de plainte constitue une étape essentielle. Au-delà de l'enquête pénale, il permettra souvent d'appuyer les démarches engagées auprès de la banque ou de tout autre interlocuteur concerné.
 

Rassembler toutes les preuves de la fraude


La réussite d'un éventuel recours dépend largement de la qualité des éléments de preuve produits.

Il est donc recommandé de conserver l'ensemble des documents liés à l'escroquerie, notamment :
 
  • Les courriels et SMS reçus ;
  • Les captures d'écran des échanges ou des sites Internet ;
  • Les relevés bancaires faisant apparaître les débits litigieux ;
  • Les confirmations de virements ;
  • Les échanges avec la banque ;
  • Les références du dépôt de plainte.

Ces éléments permettront de démontrer les manœuvres frauduleuses employées ainsi que l'étendue du préjudice subi.
 

Quels recours en cas de refus de remboursement ?


Il arrive que la banque refuse de rembourser les sommes perdues en estimant que son client a commis une négligence grave, par exemple en communiquant volontairement ses identifiants ou ses codes confidentiels.

Toutefois, cette appréciation dépend des circonstances de chaque affaire. La jurisprudence rappelle régulièrement qu'il appartient à la banque de démontrer non seulement que les opérations ont été correctement authentifiées, mais également que le client a effectivement commis une faute d'une particulière gravité.

Lorsque le refus paraît injustifié, plusieurs recours peuvent être envisagés, notamment une réclamation écrite, une médiation bancaire ou une action devant les juridictions compétentes afin d'obtenir le remboursement des opérations litigieuses.

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